//
vous lisez...
philosophie, politique

La guerre civile en Grèce par Kostas Axelos [1962]

ΕΛΑΣ δεκεμβριανα

Cette étude, conçue en 1946, se propose d’offrir une analyse marxiste d’un fait marxiste – joignant ainsi l’arme de la critique à la critique des armes; sa logique veut concorder avec la logique de l’événement, en le suivant d’aussi près que possible, pour que surgisse la relation dialectique entre la passion de la vérité et la vérité de la passion. La pensée et le langage de cet essai sont volontairement doctrinaires (et schématiques) parce qu’il s’agit justement ici d’essayer de s’insérer dans le lieu et le temps où se rencontrent la doctrine (schématique) et la réalité (fluide). Précédée d’une courte notice introductive et d’une étude sur « les perspectives churchilliennes sur la crise grecque » et suivie d’un bref commentaire (tous ces textes étant dû à la plume d’E. Borne), une première esquisse de cet essai a paru dans le No 12, décembre 1953, de La vie intellectuelle, à l’occasion du 9e anniversaire des événements de décembre. La version développée, ici reproduite, parut dans Etudes (Bruxelles, No 1, 1962).

δεκεμβριανα οδοφραγμα για τανκ

« Les hommes qui tombaient était réellement morts ; les cris des blessés étaient des cris pour tout de bon ; et, de plus, l’affaire entière était si intensément historique ! »

MARX, La guerre civile en France (1871)

« Il faut apprendre au peuple à avoir peur de lui-même, afin de lui donner du courage »

MARX, Introduction à la critique de la philosophie du droit de Hegel

 EAMdemonstratorsKilledOnDecember-3-1044

Voici l’historique des événements de décembre 1944 qui ont eu Athènes comme théâtre. La Grèce se libère de sa triple occupation (allemande, italienne et bulgare) en octobre 1944. Cette libération est due à la poussée de l’Armée Rouge dans les Balkans (armée du général Tolboukhin), au débarquement anglais et à la guérilla des partisans. Un gouvernement « d’Union nationale » représentant tous les partis politiques et reconnu par les Alliés vient s’installer à Athènes ; ce gouvernement s’était constitué après les longs et pénibles pourparlers de l’accord du Liban (mai 1944), la gauche s’étant pliée presque volontairement à un certain nombre de conditions imposées par la droite. Le gouvernement « d’Union nationale » – au sein duquel prédominaient les partis traditionnels – veut désarmer les partisans ; de son côté, la gauche réclame le désarmement simultané de certaines troupes de l’extrême-droite – qui s’étaient constituées en corps d’armée en Egypte, sous la direction des Anglais – pour qu’on bâtisse sur des bases nouvelles l’armée nationale (qui devait être populaire). Ainsi, la question militaire, à savoir le conflit opposant Anglais et partis traditionnels à la gauche sur la question du désarmement des partisans et des troupes de droite, devient l’occasion de la rupture de la collaboration des partis et la cause occasionnelle des sanglants événements de décembre. Le 2 décembre les ministres communistes et socialistes démissionnent du fameux gouvernement « d’Union nationale ». Le 3 décembre une manifestation monstre a lieu – puissante protestation contre le désarmement des partisans ; elle est attaquée à main armée par les gouvernementaux, sous la tolérance encourageante des Anglais, et les manifestants dessinent des croix gammées avec le sang des victimes de cette démonstration de force sur les chars anglais qui se promènent chargés de menace à travers les rues de la capitale.

Le lendemain (4 décembre), la gauche et la Résistance organisent et déclenchent la grève générale et une immense procession populaire enterre les morts de la vielle ; la police attaque de nouveau, par les armes, cette manifestation mi-pacifique mi-agressive, et le général britannique Scobie proclame la loi martiale, intervenant ainsi ouvertement dans le jeu. Les forces populaires répondent maintenant elles aussi par les armes, commencent par occuper les postes de police et essaient de s’emparer de la capitale tout entière ; les journées du 5 et du 6 décembre voient la guerre civile généralisée dans Athènes. Les Anglais avec leurs chars, leur flotte, leurs avions et leurs troupes mercenaires défendent, aux côtés de la droite grecque et de ses petites troupes, leurs intérêts communs et menacés. La lutte armée dure trente-trois jours à Athènes. Les forces de la gauche sont arrivées à contrôler toute la Grèce et presque toute la capitale (sauf quelques quartiers d’Athènes où se réfugia l’Etat). Le projet de faire sauter à la dynamite l’hôtel Grande-Bretagne, centre de l’état-major anglo-grec et « lieu » de l’Etat, projet minutieusement organisé et prêt à se transformer en explosion, est annulé à la dernière seconde, car Churchill vient d’arriver à Athènes, au moment de Noël. Ainsi se perd irrémédiablement l’unique occasion de s’emparer totalement de la capitale, car, après l’explosion qui devait faire sauter en l’air l’état-major anglo-grec, une offensive générale aurait eu lieu. De plus, les négociations en vue d’un armistice (négociations auxquelles participaient Churchill en personne) échouent à cause de l’intransigeance de la gauche. Cette même gauche est pourtant condamnée à céder de plus en plus de terrain sous la pression militaire de l’adversaire, et dans la nuit et vers l’aube du 6 janvier 1945 le mot d’ordre de retraite est lancé ; toute l’armée populaire (E.L.A.S.) et ses réserves, suivies de milliers de civils, commencent à battre en retraite, retraite qui sera longue et très pénible. Les forces armées anglo-grecques ont eu raison de leur adversaire commun. Les représentants militaires et politiques de la gauche, réfugiés à l’intérieur de la Grèce après la retraite, reprennent les pourparlers en vue d’un armistice – armistice qui est signé le 15 janvier ; mais les pourparlers continuent à traîner et ce n’est que le 13 février que l’accord de Varciza se trouve signé ; Mac Millan et Leeper en sont les garants. La gauche céda donc politiquement aussi, sans arriver même à masquer sa défaite sous la forme d’un compromis bilatéral : en effet, c’est la droite victorieuse, qui imposa ses conditions. Néanmoins, l’accord de Varciza ne pacifia point le pays : la droite passa à la phase de la répression contre-révolutionnaire du mouvement de la gauche et celle-ci préparera la nouvelle phase de la révolte qui sera, elle aussi, condamnée à l’échec.

Telle est la brève histoire des dramatiques événements de décembre dont il faut maintenant dégager le caractère social et politique. Du côté de la droite, nous assistons à une contre-attaque armée, se dirigeant contre un certain processus de révolution sociale qui se manifestait déjà dans les cadres de la Résistance (ne visant qu’apparemment la seule libération nationale) et dépassait largement les buts de cette dernière. Pour les Anglais, qui firent corps avec la droite, la Grèce était une précieuse zone d’exploitation économique et un point stratégique d’une grande importance pour la domination de la Méditerranée. Ils ont donc tout fait pour ne pas la perdre, d’autant plus que l’évolution future de l’alliance anglo-russo-américaine se faisait déjà sentir.

Des déplacements sociaux avaient naturellement lieu des deux côtés et vers les deux côtés des puissances combattantes ; pourtant il y avait une démarcation sociale assez nette. D’un côté, la classe ouvrière, le prolétariat au sens large (car la Grèce ne possède pas de prolétariat industriel développé) et certaines couches de la paysannerie pauvre qui voulait conserver ce qu’elle avait conquis pendant la Résistance, du fait, par exemple, de l’expropriation de quelques importants domaines. Avec eux, des fractions fort nombreuses de la petite bourgeoisie radicalisée, d’ailleurs tout ivre encore du soulèvement pour la libération nationale. De nombreux intellectuels de gauche (c’est-à-dire des militants communistes) constituaient les cadres des différentes organisations politiques et militaires ; l’intelligentsia militante s’est vite militarisée. Le rôle des étudiants au cours de la lutte armée fut assez considérable : leur bataillon, nommé Lord Byron, devint une efficace troupe de choc. De l’autre côté de la barricade, la grande et la moyenne bourgeoisie lançaient dans le combat leurs troupes, arrivant même à embrigader des hordes du Lumpenproletariat affamé.

Les événements de décembre étaient, certes, révolutionnaires, mais le soulèvement de décembre constitue-t-il une révolution ? Révolution, c’est-à-dire forme que prend la lutte des classes quand elle tend à renverser de fond en comble le régime social existant et la machine étatique correspondante. Son moment le plus aigu est marqué par l’insurrection armée qui vise la prise du pouvoir. La lutte pour la libération nationale menée par la Résistance (très nettement organisée et dirigée par le Parti communiste) prenait un certain caractère révolutionnaire du fait qu’elle n’attaquait pas seulement les nazis et fascistes étrangers, mais également la base économique de la ploutocratie indigène ainsi que l’appareil de l’Etat. Cela est vrai, malgré et à travers toutes les illusions patriotiques et démocratiques, révolutionnaires et staliniennes qui dominèrent ce combat. A la campagne libérée des occupants (car même sous le joug de la triple occupation, des îlots de « Grèce libre » arrivèrent à se créer à l’intérieur du pays), au vieil appareil étatique grec se substitua un « comité pan-populaire de libération nationale » (P.E.E.A.), appareil fortement entaché de bureaucratisme, mais brisant néanmoins l’ancien et le remplaçant par une forme de gouvernement plus « progressiste ». La logique de la lutte nationale que la Résistance déclenchait contre les occupants allemands, italiens et bulgares conduisait implacablement vers la lutte sociale qui s’attaquerait plus tard au capitalisme grec et à son protecteur anglais. La dialectique de cette marche se poursuivait fermement jusqu’au mois de décembre, et tous les compromis (de part et d’autre) ne pouvaient pas la faire changer totalement de caractère. Le mouvement violent de décembre faisait donc suite au mouvement précédent et ne marquait pas le déclenchement autonome (ou relativement autonome) d’une révolution. La gauche n’a pas déclenché de révolution ; elle s’est trouvée contrainte par l’adversaire à prendre le chemin de la lutte armée et cela au moment même où l’Etat grec se trouvait reconstitué et, de plus, soutenu par les Britanniques. La droite déclenchait, elle, une contre-révolution, non pas contre une révolution, mais contre un processus révolutionnaire : elle voulait arrêter la marche des hommes et des choses. A cette contre-révolution, les masses populaires (dirigées par la gauche, c’est-à-dire le P.C.) ripostèrent par les armes ; le caractère défensif de cet aspect des événements demeure fortement marqué. Décembre n’était qu’un moment concret dans l’évolution de la lutte des classes, celle-ci prenant forme de guerre civile, et ayant de ce fait, comme toute guerre civile moderne, un caractère international. Les exemples historiques de la Commune de Paris, de la révolution d’Octobre en Russie et la guerre civile en Espagne nous aident à mieux comprendre le rôle des armées et du matériel fourni par l’étranger dans une guerre civile. « Le plus haut effort d’héroïsme – écrit Marx dans La guerre civile en France – dont la vielle société est encore capable est une guerre nationale ; et c’est maintenant prouvé qu’elle est une pure mystification gouvernementale, conçue pour retarder la lutte des classes, et pour être jetée de côté aussitôt que cette lutte de classe éclate en guerre civile. La domination de classe ne peut plus se déguiser avec un uniforme national, des gouvernements nationaux ne font qu’un contre le prolétariat ! ».

Replaçons les événements de décembre dans leur cadre international. C’était l’époque de l’alliance entre l’Angleterre, les Etats-Unis et l’Union Soviétique, avec toutes ses illusions. Le dualisme U.S.A.-U.R.S.S., n’apparaissait pas encore très clairement à ce moment. Il est à souligner que dans le cadre grec des événements de décembre les uns ne luttaient pas pour l’U.R.S.S. et les autres pour l’Occident ; le conflit n’était pas – avant tout – conflit entre l’impérialisme anglais et la poussée soviétique. Pensons aux mouvements populaires dans l’Europe tout entière et aux contre-mouvements bourgeois pour reconquérir le terrain perdu pendant la Résistance. Néanmoins la Grèce était, suivant des plans préalablement établis (très probablement pendant les accords des alliés à Téhéran) contenue dans la zone de l’activité militaire britannique, c’est-à-dire était considérée comme une zone d’influence anglaise et, par extension, américaine. L’U.R.S.S. et le P.C.G. dissimulaient hypocritement ce fait, faussant ainsi la perspective des événements de décembre et enlevant par conséquent aux combattants la possibilité de toute conscience claire [4]. La Russie soviétique resta effectivement neutre dans ce conflit ; les quelques émissions radiophoniques et les écrits dans la presse soviétique ne suffisaient nullement à contrebalancer l’effet des tanks et des avions britanniques.

Donc, même si les événements de décembre ne réalisaient pas pleinement et concrètement au niveau grec le conflit latent (à l’époque) entre l’Angleterre et les pays capitalistes et la Russie soviétique, du fait qu’ils opposaient violemment une droite (anglophile) et une gauche (russophile), ils impliquaient la dialectique du développement de la politique internationale. Il faut discuter et essayer d’analyser le mouvement de décembre en acceptant le langage de sa propre logique se dévoilant dans un temps et un lieu déterminés. Et tout mouvement révolutionnaire local doit être compris à l’aide du mouvement global. Lénine écrit dans sa Préface à la traduction russe des Lettres à Kugelmann de Marx : « Marx savait voir aussi qu’il y a des moments de l’histoire où une lutte désespérée des masses, même pour une cause perdue d’avance, est indispensable pour l’éducation ultérieure de ces masses elles-mêmes et leur préparation à une lutte suivante. […] Marx, en septembre 1870, six mois avant la Commune, avait expressément averti les ouvriers français ; « l’insurrection sera une folie », déclarait-il dans la fameuse Adresse à l’Internationale. Il dénonçait d’avance les illusions nationalistes. […] Mais quand les masses se soulèvent, Marx veut marcher avec elles, s’instruire en même temps qu’elles en cours de lutte, et non pas donner des leçons bureaucratiques. Il comprend que toute tentative d’escompter d’avance, avec une précision parfaite, les chances de la lutte serait du charlatanisme ou du pédantisme incurable. Il met au-dessus de tout le fait que la classe ouvrière, héroïquement, avec abnégation et initiative créa l’histoire du monde ; Marx considérait l’histoire du point de vue de ceux qui la créent sans avoir la possibilité d’escompter, infailliblement, à l’avance, les chances de succès, et non du point de vue de l’intellectuel petit-bourgeois qui vient faire de la morale : « il aurait été facile de prévoir…on n’aurait pas dû se risquer… »

Cependant les chemins que suivent l’histoire universelle et la politique planétaire (par rapport auxquels s’orientent les sentiers de l’histoire et de la politique locales) restent sinueux, même quand ils sont éclairés par la lumière marxiste. Et la pensée marxiste a toujours eu des difficultés à embrasser la réalité néo-hellénique. Marx et Engels considéraient les Néohellènes comme un peuple d’origine slave (branche des Slaves du Sud) et pour dire les déconsidéraient ; ils pensaient encore que la guerre d’Indépendance menée par les Néohellènes contre les Turcs (1821-1832) ne profitait qu’aux Russes qui voulaient succéder aux Turcs. Ainsi, d’une part, l’Empire Turc était vu comme une puissance réactionnaire empêchant le développement des pays balkaniques et, d’autre part, il était affirmé que l’écroulement de cet Empire ne profiterait qu’à l’expansionnisme du tsarisme russe – qui deviendrait de cette manière l’obstacle majeur à l’évolution démocratique et révolutionnaire de l’Europe. Et les Néohellènes, tout en ayant plus d’intérêts communs avec l’Europe occidentale qu’avec la Russie, trouvèrent néanmoins chez les Russes des « protecteurs » qui les aidèrent à se libérer des Turcs. Lénine ne se lassa jamais d’expliciter la thèse que les intérêts globaux de la révolution doivent prendre le pas sur les intérêts locaux et nationaux ; le particulier se trouvait sacrifié, dans cette perspective, à l’universel. La problématique de l’universel concret n’est pourtant pas toujours facile à saisir et le mouvement de la pensée rate souvent le mouvement de la réalité.

Revenons à la dialectique – réellement complexe – des événements de décembre 1944. Pendant toute la période de la Résistance, la gauche (essentiellement stalinienne) ne savait pas si et comment elle transformerait la guerre pour la libération nationale en une guerre de libération sociale ; le parti et ses organisations, l’armée et ses réserves aussi bien que le « gouvernement provisoire de la Grèce libre » n’assumèrent pas la responsabilité de l’évolution future de la lutte et ne se virent pas marcher vers la prise du pouvoir – malgré l’appui des masses populaires dont ils jouissaient. Ils allèrent chercher ceux qui n’étaient pas là, c’est-à-dire la droite réfugiée en Egypte et pactisèrent avec elle. Le firent-ils pour ne pas troubler la trouble alliance U.R.S.S.-Angleterre-U.S.A., alliance qui, pour sauvegarder d’autres intérêts bien plus vitaux pour la Russie, avait sacrifié la Grèce aux intérêts britanniques et, par extension, américains ? Mais alors, si le stalinisme résistant croyait – ne serait-ce qu’à demi – au mot d’ordre qu’il ne cessait de proclamer à tue-tête, la fameuse « paisible évolution démocratique », ne voyait-il pas qu’il se prenait à son propre jeu, puisque ses adversaires n’y croyaient pas ? Autrement dit : la Résistance n’a rien fait pour se développer en véritable Révolution et, parlant toujours d’évolution pacifique, elle a été amenée à la plus violente des insurrections.

Dès le début de la Résistance, la gauche fut victime de ses propres contradictions, contradictions qui ne sont même pas de celles qu’une dialectique peut synthétiser. Dès le début de la Résistance la gauche déclenche un mouvement patriotique et social, exprimant les désirs et les intérêts des masses occupées, secourant aussi de cette manière l’U.R.S.S. en guerre. Dans cette situation les nazis allemands et les fascistes italiens sont ses ennemis absolus et les soviétiques russes sont ses amis absolus ; mais les Anglo-Américains ne peuvent être que ses amis-ennemis. Ce mouvement puissant n’est pas orienté vers la révolution sociale : commençant par la Résistance, il « dégénère » en insurrection, quand il se trouve dans une très large mesure réellement débordé (les premiers jours de décembre) par les manifestations des masses populaires qui, par leur propre logique interne, dépassaient les limites (bien flottantes d’ailleurs) que leur traçait leur direction. Juste la veille du conflit armé, un comité supérieur de théoriciens et de propagandistes du parti n’arrivait pas à fixer le mot d’ordre à lancer ; il oscillait tout simplement entre le slogan de la « lutte pour l’évolution démocratique paisible » et celui de « l’insurrection ».

La droite par contre, ne fit rien, ou presque, au début de la Résistance ; voulant après pactiser avec elle, elle le fit au bon moment. Tout en ayant atrocement peur de la mort, la bourgeoisie ne voulait aucunement mourir avant de se lancer dans une de ces « ultimes » batailles dont elle a le secret. Elle arriva à imposer son jeu à la gauche quand celle-ci accepta les conditions imposées pour la formation du « gouvernement d’Union nationale ». La droite reliait ainsi son passé à son avenir, tandis que la gauche perdait toutes ses acquisitions du présent et une grande partie de ses espoirs d’avenir. La droite ne voulait que reconstruire son appareil étatique, et ayant châtré la gauche avant qu’elle ne s’insurge, la poussa ensuite à l’insurrection au bon – c’est-à-dire au mauvais – moment, et dans de si mauvaises conditions qu’elle n’avait qu’à la massacrer.

Les Russes savaient déjà, bien avant décembre, que la Grèce était sphère anglaise ; ils le savaient, car ils avaient eux-mêmes consenti à ce partage du mode en sphères, pendant la deuxième guerre mondiale, afin de s’assurer leurs propres sphères d’influence. Ils ne firent absolument rien pour prévenir les événements de décembre, mais ils ne firent absolument rien non plus pour les déclencher ; les événements de décembre n’eurent pas lieu sur ordre russe. Les Soviets pensaient-ils – tout en s’abstenant d’intervenir activement dans un sens ou un autre – que, malgré le fait que les jeux étaient faits, un conflit armé en Grèce contribuait à maintenir l’effervescence dans les Balkans, portant ainsi atteinte à la domination britannique en Méditerranée et servant même « à l’éducation ultérieure des masses » ? Néanmoins ce conflit armé ne pouvait que donner la victoire à la droite, risquant en plus d’éloigner – même passagèrement – les masses de leur direction communiste ; sans parler aussi des vies humaines sacrifiées – car « les hommes qui tombaient étaient réellement morts – à une entreprise dont le destin était d’échouer.  Tout cela reste obscur et que l’on suive ou pas le schéma marxiste ou officiel et orthodoxe, il est vraiment très difficile de dire si les événements de décembre constituaient un errement ou une faute [6].

Les Anglais semblaient savoir ce qu’ils faisaient. Ils flirtèrent un peu avec la gauche puisqu’elle – comme eux – luttait contre l’Axe. Ils ne se firent pas d’illusions sur la véritable nature de la Résistance et ils surent obliger la gauche d’accepter leur jeu en l’amenant jusqu’au combat, juste quand ils étaient assez forts pour la décimer. Possédant la Grèce comme zone d’influence, ils intervinrent franchement dans la guerre civile et, tout en restant les alliés des Russes, ils dirigèrent la lutte des nationalistes grecs contre les communistes.

Il faut encore souligner que rien ne fut fait par les partis communistes nationaux, pendant les années d’effervescence patriotique et révolutionnaire dans les Balkans, pour orienter tous ces pays de « peuples-nains » (comme les appelait Engels) vers une Confédération balkanique qui mettrait fin à tous leurs antagonismes raciaux et nationaux. L’idée marxiste et léniniste d’une démocratie fédérale des pays balkaniques resta dans les limbes, sauvant au moins ainsi la Grèce de son absorption par l’impérialisme slave.

L’absence de perspective sur la marche générale de la Résistance et sur son évolution révolutionnaire obligea la gauche à rester continuellement sur la défensive. Socialement, la gauche restait sur la défensive parce qu’elle semblait ne vouloir que conserver l’acquis de la Résistance en se refusant de jeter des mots d’ordre révolutionnaires ; militairement, elle restait également sur la défensive, parce que même les violentes actions offensives restaient dans le cadre plus général d’une activité défensive. En fixant notre regard sur le champ de bataille où se déroulèrent les trente-trois jours de combat sanglant, nous constatons qu’ici encore la même attitude défensive régnait – surtout au début des opérations. Les deux premiers jours l’attaque ne fut pas foudroyante, bien qu’elle aurait pu l’être. L’Etat bourgeois sacro-saint resta sain et sauf, car  la coalition des partis de gauche (l’E.A.M.) et son armée (l’E.L.A.S.) tenaient presque tout la Grèce sous leur contrôle, sauf quelques quartiers d’Athènes qui suffisaient à l’adversaire pour y concentrer l’Etat. Pourtant, tous les militants communistes savaient très bien, depuis Clausewitz et Lénine, que la défense est inséparable de l’offensive et que Marx avait déjà critiqué le manque de résolution, de cohésion et de liaison avec les masses des dirigeants de la Commune : « Dans sa répugnance à poursuivre la guerre civile ouverte par Thiers avec sa tentative de brigandage contre Montmartre, le Comité central se rendit, cette fois, coupable d’une erreur décisive en ne marchant pas aussitôt sur Versailles, alors entièrement sans défense, et en mettant ainsi fin aux complots de Thiers et de ses ruraux » (La guerre civile en France). Et Engels écrit, à l’occasion du vingtième anniversaire de la Commune dans une Introduction à La Guerre civile en France : « Sous le rapport économique bien des choses ont été négligées que, selon notre conception d’aujourd’hui, la Commune aurait dû faire. Le plus difficile à saisir est certainement le saint respect avec lequel on s’arrêta devant les portes de la Banque de France. Ce fut aussi une lourde faute politique. La Banque aux mains de la Commune, cela valait mieux que dix mille otages ».

D’ailleurs, sous le ciel grec, même le goût pour la compromission n’était pas assez sûr. Lorsque Churchill vint à Athènes à Noël, la gauche n’a pas su négocier, tout en sachant parfaitement bien que la guerre civile était irréparablement perdue pour elle ; elle négocia un mois plus tard quand elle avait perdu jusqu’à son dernier atout.

Les événements politiques et militaires qui se déroulèrent pendant le mois de décembre – dans le cadre d’une situation internationale assez chargée – constituaient les formes concrètes d’un mouvement social qui négligea cependant l’aspect économique et social du conflit. Les comités populaires des différents quartiers, qui se substituèrent à l’administration étatique, n’ont pas pu prendre une forme vraiment coopérative et ne s’érigèrent pas en « conseils ouvriers » ou en « soviets » ; ils sont restés des accessoires. Ce n’est pas seulement dans le feu de la lutte que les questions économiques furent esquivées ; elles restèrent dans l’ombre dès le début : ainsi le conflit se présenta surtout comme un conflit concernant la question militaire – cause occasionnelle de la guerre civile – sa cause véritable restant dans l’obscurité. Est-ce à dire qu’un mouvement économique et social se travestit en formes politiques et militaires, ou sommes-nous en présence – une fois encore – de la suprématie du politique (lié certes à l’économique et au « social ») par rapport à l’économique et au social ? Et ce rapport entre le politique et le social est encore plus enchevêtré du fait de la relation des choses nationales avec le réseau international.

En tout cas la question du caractère populaire du mouvement de décembre demeure discutable. Il est indiscutable que des masses populaires (de la petite bourgeoisie entre autres) ont dépassé leur inertie et se manifestèrent d’une manière radicale. Armée et peuple étaient dans une très large mesure liés. La constitution des réserves (en matériel et en hommes), le ravitaillement, les secours médicaux étaient, dans une très grande partie au moins, effectués avec le secours et le concours des masses. Par contre, presque aucune action sociale n’a eu lieu à côté de l’action militaire ; la grave question programmatique de la dualité du pouvoir (former à côté du pouvoir étatique et bourgeois un pouvoir soviétique et populaire à tous les échelons, tout prêt à se substituer au premier dans le feu des opérations), cette question grave et décisive pour le destin d’une lutte sociale fut théoriquement et pratiquement esquivée [7]. Est-ce à dire que le mouvement était bureaucratique plutôt que populaire ? Il est vrai que tout le mouvement était orienté vers la conception de la « démocratie populaire » et non pas vers celle du socialisme ; pourtant, la démocratie populaire ne devait être qu’une étape vers le socialisme, le terme socialisme ayant le sens que lui donne l’histoire contemporaine qui réalise, avec des écarts et sous forme de régime capitalo-socialiste collectiviste, la prophétie communiste de Marx.

Un mot encore sur les atrocités de cette guerre civile dont on a tant parlé, c’est-à-dire de celles commises par l’E.A.M., donc par le P.C. : en effet, il y eut meurtres, exécutions de gens de toute couleur politique (trotskistes y compris, comme de bien entendu), pillages, arrestations et déportations d’otages, régime de terreur. Tout cela est vrai, c’est-à-dire qu’en plus des violences inhérentes à toute guerre civile (du soulèvement de Spartacus à la Révolution française et de la Commune de Paris à la Révolution russe), il y eut des violences supplémentaires et irrationnelles, des arrestations et des assassinats inutiles et déraisonnables. Mais naturellement les gouvernementaux et les Anglais n’en firent pas moins.

Comment conclure ? Conclure est ici difficile, car il s’agissait moins de démontrer que de montrer. Nous avons voulu montrer la logique d’un fragment d’histoire en l’exprimant dans son propre langage. La vérité et l’erreur se combinant étroitement au sein du mouvement même, il était impossible de les empêcher de se manifester dans l’expression de ces événements mouvementés qu’est cet essai de présentation théorique et analytique.

Retenons pourtant les réalités suivantes. Nous avons vu la Résistance, née de la lutte contre la triple occupation de la Grèce, contenir les germes d’un processus social plus profond, que la direction du mouvement exprimait et n’exprimait pas [8]. Cette direction, acculée au pied du mur par ses propres contradictions et attaquée par l’ennemi au moment qui lui convenait, conduisit le mouvement à sa perte ; néanmoins c’était cette même direction qui se mettait et qui était à la tête des luttes. Quand le parti des trotskistes grecs déclara que l’action globale de l’E.A.M. (cette sorte de Front populaire patriotique qu’il ne faut pas identifier absolument avec son animateur, le parti communiste) – et de son armée (mobilisée par le P.C.G.) était nationaliste, petite-bourgeoise, réactionnaire, et que le mouvement de décembre était un putsch militaire de la « gauche », était dans le faux. De fait, la direction (stalinienne) du mouvement (populaire) entretenait des relations assez troubles avec la logique même du mouvement, trouble qui se trouvait accru du fait de l’existence d’un cadre international dans lequel s’inscrivaient les événements « nationaux ». Trouble reste encore la relation entre le caractère populaire et le caractère bureaucratique de ces événements. Quoi qu’il en soit, faire de la politique signifie se mouvoir, et on ne peut croire que l’on fait de la politique en se réfugiant dans la dialectique du non-mouvement.

Les événements de décembre ne furent pas déclenchés tout simplement pour servir la cause russe : ils auraient été beaucoup mieux organisés dans ce cas ; ils n’ont pas été non plus le résultat d’une pure provocation anglaise qui ne chercherait que le prétexte à la liquidation de l’extrême-gauche grecque : l’histoire ne s’édifie pas selon la trame d’un roman policier » [9].

Les événements de décembre 1944 à Athènes virent se rencontrer, d’une manière réellement dramatique, l’Etat national et les puissances internationales, les masses et leur direction, le peuple et la direction d’un parti ; ils ne se déclenchèrent ni pour échouer ni pour réussir (au moins dans les limites de leurs propres cadres spatio-temporels) – là réside toute la contradiction de leur dialectique.

[1] Par gauche j’entends, au cours de ce texte, principalement le Parti communiste entraînant aussi quelques socialistes et autres éléments libéraux ; c’était la seule gauche effective – historiquement active – de ces années. Les petites formations situées à gauche du P.C. ne parvinrent guère à se fixer une ligne d’action politique.

[2] En France, Maurice Thorez accorda sans difficulté au général de Gaulle la dissolution des milices patriotiques, et le P.C.F. fit tout ce qu’il put pour restaurer l’économie et l’armée de l’Etat capitaliste et bourgeois. L’U.R.S.S. ne semblait pas désirer l’Europe occidentale; le P.C.F. pouvait alors se poser comme défenseur de la propriété et demander l’intensification de la production. Forte de sa sagesse française et petite-bourgeoise, la direction du P.C.F. accusa la direction du P.C.G. de s’être lancée dans une aventure trotskiste en refusant la démobilisation de l’armée populaire, en refusant par conséquent l’acceptation totale de la règle du jeu des alliés occidentaux et de la bourgeoisie nationale.

[3] J’ai donné une très brève Esquisse de la situation en Grèce telle qu’elle se présentait en 1946, dans un petit article publié (par erreur) dans les Nouvelles paroles françaises, le 6 avril 1946. L’erreur de sa publication consistait dans le fait que la direction de ce journal de droite laissa paraître mon papier sans en prendre préalablement connaissance. Quant à l’ensemble du problème néohellénique, cf. mes essais Le destin de la Grèce moderne (Esprit No. 7, 1954) et Das Land der Griechen; von Heraklit bis zur Gegenwart (Deutsche Zeitung une Wirtschaftszeitung, 12 mars 1955)

[4] Depuis, grâce à la publication des Mémoires de Winston Churchill, on a appris pas mal de choses. Churchill est allé visiter Staline à Moscou en octobre 1944. Là les deux grands hommes ont réglé dans quelques instants et avec un cynisme parfait les affaires balkaniques, avant d’aborder les affaires mondiales. La Réussie prédominerait à 90% en Roumanie et à 75% en Bulgarie ; la Grande-Bretagne (en accord avec les Etats-Unis) prédominerait à 90% en Grèce ; quant à la Yougoslavie et la Hongrie, chacun aurait son 50%. Churchill avait commencé par déclarer : « Réglons nos affaires des Balkans. Vos armées se trouvent en Roumanie et en Bulgarie. Nous avons des intérêts, des missions et des agents dans ces pays. Evitons de nous heurter pour des questions qui n’en valent pas la peine ». Churchill prit un papier, écrivit les pourcentages ci-dessus et le poussa devant Staline. Staline, lui, prit son crayon bleu, y traça un gros trait en matière d’approbation et rendit le papier. « Tout fut réglé en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire », note le Premier Britannique dans ses Mémoires. Ensuite il y eut un long silence. Le papier rayé de bleu demeurait au centre de la table. Churchill dit : « Ne trouvera-t-on pas un peu cynique que nous ayons l’air d’avoir réglé ces problèmes dont dépend le sort de millions d’êtres d’une façon aussi cavalière ? Brûlons ce papier ». Staline répondit : « Non, gardez-le ». Ensuite on passa au plan des opérations dans le Pacifique et à la question allemande. Cf. les Mémoires sur la deuxième guerre mondiale de W. Churchill, I, VI, 1e partie, chap. XV, Paris, Plon, 1953. Ainsi donc, entre tous les accords internationaux et intergrecs qui eurent lieu avant la libération de la Grèce – accords de Téhéran (1953), conférence de Québec entre Roosevelt et Churchill (août 1943), accords du Liban (mai 1944) et de Gaserta (septembre 1944) où l’E.L.A.S. s’engagea à ne pas occuper Athènes après la Libération – et les accords de Yalta (février 1945), se situe le marchandage conclu entre Staline et Churchill ; le marché des zones d’influence (et d’occupation) anglo-saxonnes et soviétiques se trouve ainsi établi, les affaires reçoivent un règlement préalable. Anglo-saxons et Soviétiques ne cessent de proclamer à tue-tête qu’ils n’agissent qu’au nom du droit des nations et des peuples à disposer d’eux-mêmes. Dans cette affaire nous avons un bel exemple de la convergence théorique et pratique des pratiques et des théories capitalistes et « socialistes ».

[5] Cf. l’article Les nationalités en Turquie, publié pour la première fois dans le journal américain New York Tribune du 7 avril 1953, et se trouvant avec d’autres articles de la même époque dans La question d’Orient, t. III, des Œuvres politiques de Marx, Costes, 1929. N’est-il pas nécessaire de remonter toujours de la politique stalinienne à la politique léniniste et de celle-ci à la politique marxiste et marxienne ? N’est-il pas nécessaire de voir dans ce mouvement à la fois la continuité et les solutions de continuité ?

[6] La perspective trotskiste ou trotskisante sur ces événements resta par trop abstraite, ultra-gauchiste et idéologique et n’arriva pas à se faire action. Même sur le plan théorique cette perspective ne parvint pas, jusqu’à maintenant, à prendre forme. Il n’y a d’ailleurs pas eu de perspective trotskiste unifiée; la pluralité des tendances, en désaccord radical entre elles, chacune luttant pour l’orthodoxie, demeura passablement scolastique et confuse. Le mouvement aboutissant aux événements de décembre et la lutte de décembre furent caractérisés par le Front ouvrier et la Lutte ouvrière (journaux trotskistes grecs) comme une « manifestation spéciale de la guerre impérialiste », comme un « mouvement petit-bourgeois, nationaliste, réactionnaire ». Certaines minorités préconisaient l’appui critique et l’aide révolutionnaire à l’action de l’E.A.M., sans dire pourtant comment cela pouvait et devrait se faire. Le Secrétariat européen de la IVe Internationale reconnaissait en 1946 que des « divergences essentielles » existaient aussi bien entre les différentes organisations trotskistes grecques qu’entre leur politique et la politique de la IVe Internationale qui, elle aussi, comportait des tendances, divergeant quant à l’essentiel. Le Secrétariat européen de la IV Internationale critiqua vivement les positions « ultra-gauchistes, typiquement sectaires, anti-dialectiques et confusionnistes » des organisations internationalistes grecques qui, considérant tout le mouvement du P.C. et de l’E.A.M. comme un « mouvement constituant un prolongement du front d’opération anglo-saxon à l’intérieur du pays », se repliaient dans une attitude « également indépendante et hostile envers les deux fractions en lutte ». Cf. pour toute cette discussion le Bulletin intérieur (imprimé) du Secrétariat international, vol. 1, no. 8, Paris, octobre 1946. Cependant, le Secrétariat européen et le Secrétariat international n’arrivèrent pas, eux non plus, à voir clair dans toute cette situation et ils se firent ensuite attaquer par d’autres tendances de la IVe Internationale comme pro-staliniens. D’autre part, il faut mentionner la lutte acharnée des staliniens grecs contre toute opposition de gauche, lutte qui allait jusqu’à l’extermination physique des trotskistes, les militants du P.C. trouvant cela très naturel à l’époque.

[7] Nul ne peut méconnaître que le problème de la dualité du pouvoir a été « positivement » résolu dans les révolutions asiatiques, en Chine et en Indochine. Que cette solution soit restée entachée de bureaucratisme, cela ne demeure pas moins vrai. Cf. Pierre Naville, Note sur l’histoire des conseils ouvriers (Arguments, no 4, 1957). La question des conseils ouvriers et de la gestion ouvrière, totale et effective, des usines et de la société doit être constamment posée et sa faillite historique doit être mise en question; toutefois cette question ne peut être posée et résolue dans un esprit abstrait, idéologique et utopique.

[8] Outre les ouvrages et les articles déjà cités, on peut également consulter sur le problème néohellénique en général et sur les événements de décembre en particulier: J. Kordatos, Histoire du mouvement ouvrier grec, 2 vol., Athènes, 1931-32 (en grec). J. Zeugos, La résistance populaire de Décembre et le problème néohellénique, Athènes, 1945 (en grec; point de vue de la direction du P.C.). G. Papandréou, La Libération de la Grèce, Athènes, 1945 (en grec; point de vue d’un gouvernemental anglophile). E.N. Dzélépy, Le drame de la Résistance grecque, Paris, 1946. K. Axelos, Brève critique de la courte histoire de la philosophie néohellénique (Les études philosophiques, no. 3-4, 1950), L.S. Stavrianos, Greece american Dilemma and Opportunity, Chicago, 1952. N. Svoronos, Histoire de la Grèce moderne, Collection « Que sais-je? », Paris, 1953. A. Kedros, La résistance grecque, Robert Laffont, 1967.

[9] Dans un projet de lettre à Staline – lettre qui ne fut pas envoyée – Churchill écrivait le 11 octobre 1944: « Nous avons l’impression que, vues de haut et dans leurs grandes lignes, les différences entre nos régimes tendront à s’atténuer, tandis que notre désir commun de rendre la vie plus riche et plus heureuse pour la masse du peuple élargit chaque année nos points de contact » (Mémoires, ibid, p. 241)

K. Axelos, « La guerre civile en Grèce » [1962], Arguments d’une recherche, Minuit, 1969, pp. 125-139

12-13-2--3-thumb-large

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 55 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :