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La transversalité par Félix Guattari [1964]

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La thérapeutique institutionnelle est une enfant fragile. Il convient de suivre de près son développement et de surveiller ses fréquentations, car elle est fort mal entourée. La menace mortelle qui pèse sur elle ne réside pas dans une débilité congénitale, mais plutôt dans le fait que toutes sortes de factions sont à l’affût de lui ravir son objet spécifique. Psychologues, psychosociologues, voire psychanalystes, en arracheront quelques lambeaux dont ils feront « leur affaire », tandis que le rapace ministériel guette le moment où il pourra « l’incorporer » dans ses textes officiels. Depuis l’après-dernière guerre, combien d’autres rejetons de la psychiatrie d’avant-garde ont-ils ainsi été détournés précocement de leur voie : l’ergothérapie, la social-thérapie, la psychiatrie de secteur, etc.

Proclamons en premier lieu qu’il existe un objet de la thérapeutique institutionnelle et que celui-ci doit être défendu contre tous ceux qui voudraient le faire dériver hors de la problématique sociale réelle. Cela implique, tout à la fois, une prise de conscience du niveau social le plus large, par exemple celui d’une orientation de la santé mentale en France, et une prise de position doctrinale aux niveaux les plus techniques des thérapeutiques existantes. D’une certaine façon, on peut considérer que la carence d’une conception unitaire dans le mouvement psychiatrique actuel est le reflet de la ségrégation qui persiste sous différentes formes entre le monde des fous et le reste de la société. Cette coupure, chez les psychiatres responsables d’un établissement de soins, entre leurs préoccupations intérieures et les problèmes sociaux plus généraux tend à être transposée sous divers modes : méconnaissance systématique de ce qui se passe au-delà des murs de l’hôpital, psychologisation des problèmes sociaux, scotomisation de son champ intentionnel à l’intérieur de l’institution, etc. or, le problème de l’incidence du signifiant social sur l’individu se pose à tout instant et à tous les niveaux, et dans la perspective d’une thérapeutique institutionnelle, on ne peut faire autrement que buter dessus. La relation sociale ne consiste pas un au-delà des problèmes individuels et familiaux, mais nous avons au contraire à la reconnaître dans toutes les instances psychopathologiques et nous semble-t-il, son importance est d’autant plus grande que l’on a affaire à des syndromes psychotiques se présentant sous les aspects les plus « désocialisés ».

Freud, dont l’œuvre s’est développée pour l’essentiel autour de la question des névroses, n’a pas méconnu ce problème comme on peut le voir, par exemple, dans la citation suivante des Nouvelles Conférences : « En étudiant les situations périlleuses, nous constatons qu’à chaque période de l’évolution correspond une angoisse qui lui est propre ; le danger de l’abandon psychique coïncide avec le tout premier éveil du moi, le danger de perdre l’objet (ou l’amour), avec le manque d’indépendance qui caractérise la première enfance, le danger de la castration, avec la phase phallique, et enfin la peur du surmoi qui, elle, occupe une place particulière, avec la période de latence. Les anciens motifs de crainte devraient disparaître au cours de l’évolution, puisque les situations périlleuses correspondantes ont perdu de leur valeur grâce au renforcement du moi ; mais ce n’est pas tout à fait ainsi que les choses se passent dans la réalité. De nombreux individus ne parviennent jamais à maîtriser la peur de perdre l’amour, se sentir aimés étant pour eux un besoin insurmontable ; ils persistent donc à se comporter, à ce point de vue, comme des enfants. Normalement, la crainte du surmoi ne cesse jamais, parce que la peur de la conscience s’avère indispensable au maintien des rapports sociaux. L’individu, en effet, dépend toujours d’une collectivité, sauf exceptions rares. Certaines parmi les situations périlleuses se maintiennent parfois jusqu’à des époques tardives, les causes de la peur étant opportunément modifiées » [S. FREUD, Nouvelles Conférences sur la psychanalyse, Gallimard, p. 121-122).

Quel est l’obstacle sur lequel butent les « anciens motifs de crainte » et qui les fait se refuser à disparaître ? D’où provient cette persistance, ce maintien des angoisses névrotiques dès lors que se sont dissoutes les situations qui en ont supporté la genèse et en « l’absence de toute situation périlleuse » [Idem, p. 129] ? A quelques pages de là, Freud réaffirme l’antériorité de l’angoisse sur le refoulement : l’angoisse est causée par un danger extérieur, elle est réelle, mais ce danger extérieur est lui-même évoqué et conditionné par le danger pulsionnel intérieur : « De fait, le garçonnet redoute les exigences de sa libido ; en l’occurrence, il s’effraye de l’amour qu’il ressent pour sa mère » [Nouvelles Conférences, p. 119]. Ainsi, c’est la menace intérieure qui prépare le danger extérieur. Le renoncement à l’objet aimé est corrélatif, sur le plan du réel, de l’acceptation de la perte du membre, mais le « complexe de castration », lui, ne saurait être « liquidé » à travers à tel renoncement. C’est qu’en effet il implique la mise en jeu d’un terme supplémentaire dans la triangulation situationnelle du complexe d’Œdipe, de telle sorte qu’on n’en aura jamais fini avec cette menace de castration qui réactivera en permanence ce que Freud appelle « un besoin inconscient de culpabilité ». L’engrenage des signifiants sociaux se trouve ainsi en prise de façon irréversible sur la castration et la culpabilité, alors que jusqu’à cette étape leurs statuts restaient précaires en raison du « principe d’ambivalence » qui présidait à l’élection des divers objets partiels. A partir de là, l’instance de cette réalité sociale fondera sa persistance sur l’instauration d’une moralité irrationnelle où la punition ne trouvera sa justification que dans une loi de répétition aveugle à défaut d’être articulable à une légalité éthique. Il ne suffira pas pour autant de chercher à reconnaître, à travers l’impossible dialogue entre le moi idéal et le surmoi, cet effet de maintien de l’angoisse hors des « situations périlleuses » actuelles, car il implique en effet l’appartenance de ces dernières à une « logique signifiante » spécifique du niveau social considéré, et qu’il convient d’analyser avec les mêmes exigences maïeutiques que celles de la psychanalyse de l’individu.

Le maintien, c’est la répétition, c’est l’expression d’une pulsion de mort. On masquera l’interrogation qui y est impliquée en le ramenant à une notion de continuité. On trouve normal de  la résolution du complexe d’Œdipe par une « bonne » intégration à un niveau social. N’y a-t-il pas lieu de considérer plutôt que ces « effets de persistance » de l’angoisse doivent être articulés avec cette dépendance évoquée par Freud de l’individu par rapport à la collectivité. Il s’agit du fait, irréversible jusqu’à nouvel ordre, que le complexe de castration ne saura jamais trouver de solution satisfaisante tant que la société contemporaine persistera à lui confier un rôle inconscient de régulation sociale. Il existe une incompatibilité de plus en plus prononcée entre la fonction du père, en tant qu’elle est le support pour le sujet d’une possible médiation des impasses identificatoires inhérentes à la structure de la famille conjugale, et les exigences des sociétés industrielles pour lesquelles un modèle intégrateur du type père-roi-dieu tend à perdre toute fonction effective autre que mystificatrice, ce fait étant particulièrement net lors des phases de régression sociale, par exemple quand les régimes fascistes, dictatoriaux, de pouvoir personnel, présidentiel, font naître des phénomènes imaginaires de pseudo-phallicisation collective qui aboutissent à une totémisation plébiscitaire dérisoire d’un chef, lequel demeure d’ailleurs pour l’essentiel sans prise réelle sur la machine signifiante de l’appareil économique, qui ne cesse au contraire de renforcer son pouvoir et l’autonomie de son fonctionnement. Les Kennedy et les Khrouchtchev qui ont tenté de passer outre à cette loi ont été « sacrifiés », quoique avec un cérémonial différent, sur l’autel l’un des pétroliers, l’autre des tenants de l’industrie lourde.

La subjectivité réelle des Etats modernes, les véritables pouvoirs de décision, quels que soient les rêves désuets des tenants de la « légitimité nationale », ne sauraient s’identifier à une incarnation individuelle, pas plus qu’à l’existence d’un petit état-major éclairé. Jusqu’alors, elle demeure inconsciente et aveugle, sans espoir qu’un Œdipe moderne puisse guider ses pas. L’issue n’est certes pas à espérer dans une invocation et une tentative de réhabilitation de ses formes ancestrales, en raison précisément de ce que l’expérience freudienne nous amène à nous poser la question, d’une part, de cette persistance de l’angoisse au-delà des modifications situationnelles et, d’autre part, des limites assignables à un tel processus. L’objet de la thérapeutique institutionnelle n’est-il pas justement de se proposer d’aboutir à un remaniement des données d’accueil du surmoi en es transmuant en une sorte de nouvel accueil « initiatique » vidant de son sens l’exigence sociale aveugle d’une certaine procédure castrative à l’exclusion de toute autre ?

Ce que je proposerai maintenant n’a qu’un caractère provisoire. Il s’agit d’un certain nombre de formulations qui m’ont semblé utiles pour ponctuer différentes étapes d’une pratique institutionnelle. Je considère qu’il y a lieu d’établir une sorte de grille de correspondance entre les phénomènes de glissement de sens chez les psychotiques, tout particulièrement contre les schizophrènes, et les mécanismes de discordance croissante qui s’instaurent à tous les étages de la société industrielle dans son accomplissement néo-capitaliste et socialiste bureaucratique, tels que l’individu tend à avoir à s’identifier à un idéal de « machines-consommatrices-de-machines-productives »… Le silence du catatonique n’est-il pas une interprétation préfiguratrice de cet idéal ? Si le groupe tend à se structurer sur le mode du refus de la parole, comment lui répondre autrement que par le silence ? Comment modifier un lieu de cette société de telle sorte que soit endigué tant soit peu ce processus de réduction de la parole au langage ? A partir de là, nous prendrons le parti de distinguer la nature des groupes selon qu’ils se situent sur un versant ou sur un autre. Il convient, en effet, de se méfier absolument des descriptions formelles qui caractérisent les groupes indépendamment de leur projet. Les groupes auxquels nous avons affaire dans la thérapeutique institutionnelle sont liés à une activité concrète, ils n’ont rien à voir avec ceux qui sont mis en cause, généralement, dans les recherches dites de dynamique de groupe. Attachés à une institution, ils ont d’une façon ou d’une autre une perspective, un point de vue sur le monde, une « mission » à remplir.

Nous schématiserons cette première distinction, qui d’ailleurs sera difficile à maintenir par la suite, en groupes-sujets et groupes assujettis. Le groupe-sujet, ou qui a vocation de l’être, s’efforce d’avoir une prise sur sa conduite, il tente d’élucider son objet et, à cette occasion, sécrète les moyens de cette élucidation. Schotte pourrait dire de ce type de groupe qu’il est entendu et entendant et que de ce fait il opère le dégagement d’une hiérarchisation des structures qui lui permettra de s’ouvrir vers un au-delà des intérêts du groupe. Le groupe assujetti ne se prête pas à une telle mise en perspective ; il subit sa hiérarchisation à l’occasion de son ajustement aux autres groupes. On pourrait dire du groupe-sujet qu’il énonce quelque chose, tandis que pour le groupe assujetti, « sa cause est entendue ». Entendue d’ailleurs on ne sait où, ni par qui, dans une chaîne sérielle indéfinie.

Cette distinction n’est pas absolue, elle ne constitue qu’une première approche nous permettant d’indexer le type de groupe auquel nous avons affaire dans notre pratique. En réalité, elle joue à la façon de deux pôles de référence ; n’importe quel groupe, mais plus spécialement les groupes-sujets, tend à osciller entre ces deux positions : celle d’une subjectivité ayant vocation de prendre la parole, et celle d’une subjectivité aliénée à perte de vue dans l’altérité sociale. Cette référence nous servira de garde-fou susceptible de nous éviter de tomber dans le formalisme de l’analyse des rôles, et elle nous amènera à poser la question du sens de la participation de l’individu au groupe en tant qu’être parlant et à remettre ainsi en cause le mécanisme habituel des descriptions psychosociologiques et structuralistes. Il y aurait là, sans doute, également une façon de reprendre les théories de la bureaucratie, de l’autogestion, des « groupes de formations », etc., qui manquent régulièrement leur objet du fait d’un refus, à caractère scientiste, d’y impliquer les contenus de sens.

Nous avons trouvé commode en outre de distinguer, au niveau des groupes, les « contenus manifestes constitués par ce qui est dit et fait, par les attitudes des uns et des autres, les scissions, l’existence de leaders, de candidats leaders, boucs émissaires, etc., et le « contenu latent » qui demande à être déchiffré à partir d’une interprétation des diverses ruptures de sens surgissant dans l’ordre phénoménal. Définissons cette instance latente comme désir de groupe : elle aurait à être articulée avec un ordre pulsionnel d’Eros et de mort spécifique du groupe.

Freud décrivait l’existence dans les névroses graves d’une désintrication des pulsions fondamentales, le problème analytique étant d’aboutir à une ré-intrication susceptible de faire disparaître, par exemple, une symptomatologie sadomasochiste. La structure même des institutions qui n’ont d’autre corporéité qu’imaginaire exige, pour tenter une telle opération, la mise en place de moyens institutionnels particuliers, mais perdre de vue qu’ils ne sauraient prétendre constituer autre chose que des médiations symboliques tendant par essence à s’effilocher en effet de sens. L’objet mis en jeu n’est pas le même que celui que nous rencontrons dans la relation du transfert psychanalytique. Les phénomènes de capture imaginaire n’y peuvent plus être ressaisis et articulés à partir de l’interprétation d’un analyste. Le fantasme de groupe est par essence symbolique, quelles que soient les imageries qu’il draine dans son sillage. Son inertie ne connaît d’autre régulation que le renvoi, répété inlassablement, aux mêmes impasses problématiques. La pratique de la thérapeutique institutionnelle montre que la fantasmatisation individuelle se refuse systématiquement à respecter la spécificité de ce niveau symbolique du fantasme de groupe. Elle tente au contraire de se l’incorporer et d’y plaquer des données imaginaires singulières qui viennent se nicher tout « naturellement » dans les différents rôles potentiellement structurés par le déploiement des signifiants mis en circulation par le collectif. Cette « corporéisation imaginaire » d’un certain nombre d’articulations signifiantes du groupe, sous des prétextes d’organisation, d’efficacité, de prestige ou tout aussi bien d’incapacité, de non-qualification, etc., fait cristalliser l’ensemble de la structure, entrave ses capacités de remaniements, lui donne son visage et sa « lourdeur », limite d’autant ses possibilités de dialogue avec tout ce qui tendrait à remettre en cause ses « règles du jeu », en un mot réunit les conditions de son glissement vers ce que nous avons appelé le groupe assujetti.

Le désir inconscient d’un groupe, par exemple du « groupe missionnaire » d’un hôpital traditionnel, comme expression d’une pulsion mortifère, ne sera probablement pas en mesure d’être évoqué dans l’ordre de la parole et fera surgir toute une gamme de symptômes. Quoique ces derniers soient d’une certaine façon « articulés comme un langage » et descriptibles dans une perspective structurale, dans la mesure où ils tendent à masquer le sujet de l’institution, ils n’arriveront jamais à s’exprimer autrement qu’en une phrase incohérente à partir de laquelle il resterait à déchiffrer l’objet (totem et tabou), érigé au lieu même de l’impossibilité d’un surgissement d’une parole vraie dans le groupe. La mise à jour de ce lieu où le désir en est réduit à ne montrer que le bout d’un faux nez ne saurait donner accès au désir lui-même qui, en tant que tel, de toute façon, restera inconscient et refusera toujours de s’anéantir par le biais d’une explication exhaustive, selon le vœu du névrosé. Mais le déblaiement d’un espace, la préservation d’une vacuole où pourrait être dégagé un premier plan de référence à cette instance du désir du groupe, situera d’emblée l’ensemble de la problématique au-delà des contingences relationnelles, éclairera d’une tout autre lumière les « questions d’organisation » et obscurcira d’autant les tentatives de description formelle et apparemment rationnelle ; en fait, elle constituera l’épreuve préalable à toute tentative analytique de groupe.

Dès les premiers pas dans cette voie, une distinction primordiale surgira entre la désaliénation de groupe et son analyse. En effet, le rôle d’une analyse de groupe n’est pas identique à celui d’une ordination du collectif d’inspiration plus ou moins psychosociologique ou à l’intervention d’un ingénieur en organisation. Répétons-le, l’analyse de groupe se situe en deçà et au-delà des problèmes d’ajustement des rôles, de transmission des informations, etc. Les questions clés y sont posées avant la cristallisation des constellations, des répulsions et des attirances, au niveau jaillissant d’une créativité possible du groupe, quoique généralement celle-ci s’étrangle sur elle-même dans le filet de non-sens qu’elle se refuse d’assumer, le groupe préférant se consacrer à l’ânonnement de ses « mots d’ordre », obturant tout accès à une parole vraie, c’est-à-dire articulable aux autres chaînes du discours historique, scientifique, esthétique, etc.

Sur quelle sorte de désir peut vivre, par exemple, un groupe politique « condamné par l’histoire » sinon celui d’un éternel repli sur lui-même ? Il aura à sécréter sans cesse des mécanismes de défense, de dénégation, de refoulement, des fantasmes de groupes, des mythes, des dogmes, etc. Leur analyse ne pourrait mener qu’à découvrir la nature du désir mortifère de groupe dont ils sont l’expression dans son rapport avec les pulsions historiques enfouies et émasculées des masses, des classes ou des nationalités assujetties. Ce dernier aspect de l’analyse au « niveau le plus élevé » ne saurait, à mon sens, être séparé des autres problèmes psychanalytiques de groupe, ni d’ailleurs individuels.

A l’hôpital psychiatrique traditionnel par exemple, il existe un groupe dominant constitué par le directeur, l’économe, les médecins, leurs femmes, etc., formant une structure opaque qui empêche la venue au jour d’une expression du désir des ensembles humains constitutifs de l’institution. Où ce désir a-t-i-il pu se réfugier ? Dans un premier temps, l’interprétation devra se laisser  guider par les symptômes manifestés au niveau de divers sous-ensembles, support des tares sociales classiques, de la sédimentation du gâtisme, de l’agitation, des ségrégations de toutes natures, mais également par d’autres signes comme, par exemple, l’alcoolisme dont se trouve atteint tel groupe d’infirmiers, ou la bêtise diffuse de tel autre groupe, tant il est vrai, selon une formule de Lacan, que celle-ci, elle aussi, est l’expression d’une passion. Ne serait-ce pas par une sorte de respect pour les énigmes qu’incarnent névroses et psychoses que nos modernes gardiens de tombeaux se sentent tenus de s’avilir et de saluer ainsi négativement le message de ceux dont il est impliqué par toute l’organisation sociale, qu’ils devront rester méconnus ? Tout le monde ne peut pas, comme certains psychiatres, se payer le luxe de se réfugier dans des formes supérieures d’esthétisme, significatives du fait que, pour eux, plus aucune sorte de question essentielle ne saurait se poser au niveau de l’hôpital !

L’analyse de groupe ne se proposera pas pour objectif de mettre à jour derrière cette symptomatologie une vérité statique, mais de réaliser les conditions favorables à un mode particulier d’interprétation, lequel, à la façon dont Schotte envisageait les choses, est identique au transfert. Transfert et interprétation constituent un mode d’intervention symbolique, mais – insistons sur ce point – ils ne sauraient être le fait d’une personne ou d’un groupe qui, pour l’occasion, se serait baptisé « analyseur ». L’interprétation, ce peut être le débile du service qui la donnera s’il est mis en mesure de réclamer, à un moment donné, juste à ce moment où un tel signifiant deviendra opératoire au niveau de l’ensemble de la structure, par exemple d’organiser un jeu de marelle. L’interprétation, on doit aller à sa rencontre. Il convient donc de dégager au préalable son écoute de tout préjugé psychologique, sociologique, pédagogique ou même thérapeutique. Pour autant que le psychiatre ou l’infirmier détient une parcelle du pouvoir, il doit être tenu pour responsable du raturage des possibilités d’expression de la subjectivité inconsciente de l’institution. Le transfert figé, mécanique insoluble, par exemple celui que font les infirmiers et les malades sur le médecin, le transfert obligatoire, prédéterminé, « territorialisé » sur un rôle, un stéréotype donné est pis qu’une résistance à l’analyse, c’est une forme d’intériorisation de la répression bourgeoise par la résurgence répétitive, archaïque et artificielle de phénomènes e caste avec leur cortège de fantasmes de groupes, fascinants et réactionnaires.

Cale provisoire posée là en vue de préserver, au moins pour quelque temps, l’objet de notre pratique, je propose d’introduire à la place de la notion trop ambigüe de transfert institutionnel un concept nouveau : celui de la transversalité dans le groupe. Transversalité par opposition à :

  • Une verticalité qu’on retrouve par exemple dans les descriptions faites par l’organigramme d’une structure pyramidale (chefs, sous-chefs, etc.)

  • Une horizontalité comme celle qui peut se réaliser dans la cour de l’hôpital, dans le quartier des agités, mieux encore celui des gâteux, c’est-à-dire un certain état de fait où les choses et les gens s’arrangent comme ils peuvent de la situation dans laquelle ils se trouvent.

Mettez dans un champ clos des chevaux avec des œillères réglables et disons que le « coefficient de transversalité » sera justement ce réglage des œillères. On imagine qu’à partir du moment où les chevaux seront complètement aveuglés un certain mode de rencontre traumatique se produira. Au fur et à mesure qu’on ouvrira les œillères, on peut imaginer que la circulation sera réalisée de façon plus harmonieuse ? Essayons de nous représenter la manière dont les hommes se comportent les uns à l’égard des autres au point de vue affectif. D’après la célèbre parabole de Schopenhauer sur les porcs épics souffrant du froid, personne ne supporterait un rapprochent trop intime avec ses semblables : « Un jour d’hiver glacial, les porcs épics d’un troupeau se serrèrent les uns contre les autres, afin de se protéger contre le froid par la chaleur réciproque. Mais, douloureusement gênés par les piquants, ils ne tardèrent pas à s’écarter de nouveau les uns des autres. Obligés de se rapprocher de nouveau, en raison du froid persistant, ils éprouvèrent une fois de plus l’action désagréable des piquants, et ces alternatives de rapprochement et d’éloignement durèrent jusqu’à ce qu’ils aient trouvé une distance convenable où ils se sentirent à l’abri des maux » (S. Freud, Psychologie collective et analyse du moi, Payot, p. 112).

Dans un hôpital, le « coefficient de transversalité » est le degré d’aveuglement de chaque membre du personnel. Mais attention, nous formulons l’hypothèse que le réglage officiel de toutes les œillères et les énoncés manifestes qui en résultent dépendent presque mécaniquement de ce qui se passe au niveau du médecin-chef, du directeur, de l’économe, etc. Dès lors, tout semble se répercuter di sommet à la base. Certes, il peut exister une « pression de la base », mais elle reste généralement incapable de modifier la structure d’aveuglement de l’ensemble. La modification doit intervenir au niveau d’une redéfinition structurale du rôle de chacun et d’une réorientation de l’ensemble. Tant que les gens restent figés sur eux-mêmes, ils ne voient rien d’autre qu’eux-mêmes.

La transversalité est une dimension qui prétend surmonter les deux impasses, celle d’une pure verticalité et celle d’une simple horizontalité ; elle tend à se réaliser lorsqu’une communication maximum s’effectue entre les différents niveaux et surtout dans les différents sens. C’est l’objet même de la recherche d’un groupe-sujet. Notre hypothèse est la suivante : il est possible de modifier les différents coefficients de transversalité inconsciente aux différents niveaux d’une institution. Par exemple, la communication existant « au grand jour » dans le noyau constitué autour du médecin-directeur, des internes, restera peut-être sur un plan très formel, et on pourra considérer que le coefficient de transversalité y est très bas. Par contre, au niveau du quartier, le coefficient latent et réprimé pourra se révéler bien supérieur : les infirmiers ayant entre eux des relations plus authentiques par rapport auxquelles les malades pourront effectuer un certain nombre de transferts ayant un effet thérapeutique. Hypothèse toujours, les multiples coefficients de transversalité, quoique différents en intensité, n’en sont pas moins homogènes. En effet, le niveau de transversalité existant dans le groupe qui détient le pouvoir réel détermine inconsciemment le réglage des possibilités extensives des autres niveaux de transversalité. Prenons le cas assez rare où il existerait un très fort coefficient de transversalité chez les internes, ceux-ci n’ayant généralement aucun pouvoir réel sur l’institution, ce fort coefficient demeurera latent et ne pourra se répercuter que dans une aire très limitée. De cet état de la transversalité, pour autant que soit maintenant tolérable une comparaison thermodynamique dans ce domaine où les choses se jouent sur des lignes de force sociales, on pourrait dire que sa trop forte entropie institutionnelle aboutit à l’absorption ou à l’enkystement de toute velléité de sa diminution locale. Mais, ne nous y trompons pas, le fait que nous postulons qu’un ou plusieurs groupes détiennent la clé du réglage de la transversalité latente de l’ensemble de l’institution ne nous désigne pas pour autant les groupes dont il s’agit. En effet, ils ne coïncident pas nécessairement avec les instances juridiques de l’établissement qui n’en contrôle que l’expression manifeste. Il faut donc distinguer soigneusement le pouvoir réel du pouvoir manifeste. Le problème du rapport des forces réelles demande à être analysé : tout le monde sait que l’Etat ne fait pas la loi dans ses ministères. Il arrive également que dans un hôpital psychiatrique le pouvoir de fait échappe aux représentants patentés de la loi et se répartisse entre divers sous-groupes : service, caïdat, ou – pourquoi pas ? – club inter-hospitalier, association du personnel, etc. Il semble éminemment souhaitable que les médecins et les infirmiers, auxquels revient en principe de soigner les malades, s’assurent une prise collective sur le réglage de ce qui, au-delà de la légalité ordinaire, contrôle les facteurs susceptibles de modifier l’ambiance, les échanges, le mode de fonctionnement réel de l’institution. Mais cela ne saurait être institué par une réforme ; les bonnes intentions en la matière ne garantissent aucun accès à cette dimension de la transversalité.

Pour que l’intention affichée des thérapeutes ait une portée autre que dénégatrice, c’est leur être même, comme être du désir, qui doit être concerné et mis en question par la structure signifiante à laquelle ils sont confrontés. Cela peut amener à une remise en question décisive de toute une série de données plus ou moins bien établies : l’Etat quel intérêt a-t-il à bloquer les crédits ? La Sécurité sociale, pourquoi persiste-t-elle à méconnaître les psychothérapies de groupe ? La Faculté, d’essence libérale, n’est-elle pas rétrograde au même titre d’ailleurs que les fédérations syndicales en principe plus « à gauche » sur les problèmes, par exemple, de catégorisation, de hiérarchie, etc. ? Le sujet de l’institution, le sujet effectif, c’est-à-dire inconscient, celui qui détient le pouvoir réel, n’est jamais donné une fois pour toutes. Il faudra le débusquer à l’occasion d’une poursuite analytique impliquant quelquefois d’immenses détours qui pourront amener à se poser les problèmes cruciaux de notre époque.

Si l’analyse d’une institution consiste à se fixer pour tâche d’ouvrir celle-ci à la vocation de se saisir de la parole, toute possibilité d’intervention créatrice dépendra de la capacité de ses initiateurs d’exister à l’endroit où « ça aurait pu parler », sur le mode d’être marqué par le signifiant du groupe, c’est-à-dire d’assumer un certain mode de castration. Cette écorchure, cette barre, cette rature de leurs potentialités imaginaires renvoie certes à l’analyse de ces objets que le freudisme a découverts comme étant le support d’une assumation possible pour le sujet de l’ordre symbolique : sein, fèces, pénis, etc., tous éléments détachables, au moins fantasmatiquement : mais elle renvoie également à l’analyse du rôle joué par l’ensemble des objets transitionnels qui se trouvent effectivement articulés à la machine à laver, télévision, en un mot « raison d’être » moderne ! D’ailleurs, la collection des objets partiels, à commencer par l’image du corps comme support de l’identification à soi-même, n’est-elle pas elle-même jetée en pâture quotidiennement sur le marché, cotée à la Bourse occulte des valeurs pseudo-érotiques, esthétiques, sportives… ? La société industrielle s’assure ainsi du contrôle inconscient de noter destin par l’exigence, satisfaisante du point de vue de la pulsion de mort, d’une désarticulation de chaque consommateur-producteur, et de telle sorte qu’à la limite l’humanité pourrait se résoudre à devenir un immense corps morcelé recollé uniquement au gré et aux lieux des exigences du Dieu économique suprême. Inutile donc de forcer un symptôme social à se ranger dans « l’ordre des choses », car c’est en dernier ressort son véritable support ; il en va de lui comme des manifestations d’un obsessionnel qu’on enferme dans une chambre où il n’y a pas de lavabo, alors qu’il se lavait les mains cent fois par jour, et qui déplace sa symptomatologie dans la panique et dans une crise d’angoisse insoutenable.

Seule la mise à jour d’un plus ou moins grand niveau de transversalité permettra que se déclenche, pendant un temps (car en la matière tout se trouve toujours remis en question), un processus analytique offrant une réelle possibilité aux individus de se servir du groupe à la façon d’un miroir. Alors, tout à la fois, l’individu manifestera le groupe et lui-même. Si c’est le groupe en tant que chaîne signifiante pure qui l’accueille, il pourra se révéler à lui-même, au-delà de ses impasses imaginaires et névrotiques. Mais si, au contraire, il bute sur un groupe profondément aliéné, fixé à sa propre imagerie déformante, le névrosé trouvera l’occasion inespérée d’un renforcement de son narcissisme tandis que que le psychotique pourra continuer de se consacrer en silence à ses sublimes passions universelles. Qu’il soit possible à un individu d’être inséré dans le groupe sur le mode d’être entendu-entendant et d’avoir accès par là-même à l’au-delà du groupe qu’il interprète, plutôt que de le manifester, telle est l’alternative proposée à l’intervention analytique de groupe.

La consolidation d’un niveau de transversalité dans une institution permet que s’institue dans le groupe un dialogue d’un nouveau genre : le délire et toute autre manifestation inconsciente, au sein de laquelle le malade restait jusqu’alors muré et solitaire, pouvant parvenir à un mode d’expression collective. La modification du surmoi que nous évoquions précédemment intervient dans le même temps où un certain modèle de parole est en mesure de surgir au lieu et place où les structures sociales ne fonctionnaient que dans le sens du rituel. Envisager la possibilité pour des thérapeutes d’intervenir dans un tel processus poserait le problème d’un contrôle analytique qui, lui-même, supposerait en partie résolue une transformation radicale du mouvement psychanalytique existant, lequel n’est guère préoccupé, jusqu’à présent, d’un recentrement de son activité vers les malades réels, là où ils les trouvent effectivement, c’est-à-dire pour l’essentiel dans le champ de la psychiatrie hospitalière et de secteur.

Le statut social de médecin-chef sous-tend une aliénation imaginaire l’érigeant en « statue de commandeur ». Comment l’amener à accepter et à solliciter qu’on le mette en cause, sans le voir reculer devant la peur panique d’éclater en morceaux ? Le médecin qui renonce à son statut imaginaire, pour situer son rôle sur un plan symbolique, est au contraire en mesure d’opérer le nécessaire découpage de la fonction médicale en de multiples prises en charge impliquant différentes sortes de groupes et de personnes. L’objet de cette fonction se détache de la « totémisation » pour se transférer sur diverses sortes d’institutions, relais et délégations de pouvoirs. L’assumation même de ce fantasme d’éclatement par le médecin joue ainsi comme temps primordial de la mise en place d’une structure de transversalité. Son rôle, maintenant « articulé comme un langage » se trouvera en prise avec l’ensemble des signifiants et des fantasmes du groupe. Plutôt que chacun joue à soi-même et aux autres la comédie de l’existence, corrélative de la chosification du groupe, la transversalité apparaît comme l’exigence du marquage inévitable de chaque rôle. Une fois mis en place de façon durable par un groupe détenant une part importante du pouvoir légal et du pouvoir réel, ce principe de contestation et de redéfinition des rôles a toutes chances, s’il est appliqué dans une perspective analytique, de se répercuter à tous les autres niveaux. Un tel remaniement des idéaux du moi modifie les données d’accueil du surmoi et permet la mise en circuit d’un type de complexe de castration articulé avec des exigences sociales différentes de celles que les malades avaient connues précédemment dans leurs relations familiales, professionnelles, etc. L’acceptation d’être « mis en cause », d’être mis à nu par la parole de l’autre, un certain style de contestation réciproque, d’humour, l’élimination des prérogatives de la hiérarchie, etc., tout cela tendra à fonder une loi nouvelle du groupe dont les effets « initiatiques » permettront la venue au jour, disons au demi-jour, d’un certain nombre de signes présentifiant des aspects transcendantaux de la folie qui, jusqu’alors, étaient resté refoulés. Les fantasmes de mort, ou bien d’éclatement du corps, si importants dans les psychoses, pourront être ressaisis dans un contexte de chaleur de groupe quand on aurait pu croire que, par essence, leur destin était de rester captifs d’une néo-société ayant en outre pour mission de les exorciser.

Cela dit, in ne faut pas non plus perdre de vue que, même repavée de bonnes intentions, l’entreprise thérapeutique risque malgré tout à chaque instant de sombrer dans la mythologie bêtifiante du « nous ». Mais l’expérience montre que l’émergence des instances pulsionnelles du groupe constitue la meilleure garantie contre ce péril. Elles interpellent tout un chacun, les soignants comme les soignés, pour les questionner sur leur être et leur destin. Le groupe devient alors une scène ambigüe, perçue sur un double plan, l’un rassurant et protecteur, voile à tout accès à la transcendance, générateur de défenses obsessionnelles, d’un mode d’aliénation « malgré tout réconfortant », d’éternité à la petite semaine, et l’autre laissant affleurer derrière cette réassurance artificielle l’image la plus accomplie de la finitude humaine, toute entreprise mienne s’y trouvant dépossédée au nom d’une instance plus implacable que ma propre mort : celle de sa capture par l’existence d’autrui, seul garant de tout ce qui peut arriver par la parole. A la différence de ce qui se passe dans la psychanalyse dite duelle, plus aucun recours imaginaire ne subsiste ici au niveau des dialectiques des maîtres et des esclaves, ce qui constitue, me semble-t-il, un dépassement possible du complexe de castration.

La transversalité dans le groupe est une dimension contraire et complémentaire aux structures génératrices de hiérarchisation pyramidale et des modes de transmission stérilisateurs des messages.

La transversalité est le lieu du sujet inconscient du groupe, l’au-delà des lois objectives qui, délibérément ou non, tentent d’assumer le sens de leur praxis et de s’instaurer comme groupe-sujet, se mettant ainsi en posture d’avoir à être l’agent de leur propre mort.

En opposition (relative) à ces groupes missionnaires, les groupes assujettis reçoivent passivement leurs déterminations de l’extérieur et, à l’aide de mécanismes d’auto-conservation, se protègent magiquement d’un non-sens ressenti comme externe ; ce faisant, ils refusent toute possibilité d’enrichissement dialectique fondé sur l’altérité du groupe.

Une analyse de groupe, se proposant d’aboutir au remaniement des structures de transversalité, nous semble concevable ; à condition qu’elle évite les écueils des descriptions psychologisantes des relations internes qui ont pour effet de perdre les dimensions fantasmatiques spécifiques du groupe, ou celles, comportementalistes, qui restent délibérément sur le plan des groupes assujettis.

L’incidence du signifiant du groupe sur le sujet s’éprouve, pour ce dernier, au niveau d’un « seuil » de castration du fait qu’à chaque étape de son histoire symbolique le groupe possède en propre un mode d’exigence vis-à-vis des sujets individuels impliquant un renoncement relatif de leurs incitations pulsionnelles à « être-en-groupe ».

Il y a, ou non, compatibilité entre ce désir, cet Eros de groupe, et les possibilités concrètes d’assumation par chaque sujet d’une telle épreuve, laquelle peut être vécue selon diverses modalité allant du sentiment de rejet, voire de mutilation, jusqu’à une acceptation de style initiatique pouvant aboutir à un remaniement irréversible de sa personnalité.

Ce marquage par le groupe n’est pas à sens unique : il donne des droits, un pouvoir à ceux qui l’ont subi ; mais, par contrecoup, il peut amener des modifications dans le niveau de tolérance du groupe à l’égard des écarts-types individuels, et entraîner des crises susceptibles de mettre en cause le destin du groupe sur des enjeux mystifiés.

Le rôle de l’analyseur de groupe consisterait à mettre en lumière de telles situations et à amener l’ensemble du groupe à ne plus pouvoir se dérober à trop bon compte aux vérités qu’elles recèlent.

Nous formulons l’hypothèse que l’automutilation bureaucratique d’un groupe-sujet, son recours inconscient à des mécanismes antagonistes à sa transversalité potentielle ne sont pas des phénomènes inéluctables et qu’ils dépendent, dans un temps primordial, d’une assumation en son sein du risque, corrélatif à l’émergence de tout phénomène de sens véritable, d’avoir à être confronté au non-sens, à la mort et à l’altérité.

Psin

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